Le Glossaire Idolâtre du Rien est une entreprise de restitution, d’exploration et d’exégèse : il entend reprendre avec rigueur les 1 400 entrées de l’ouvrage éponyme, inachevé, de Raymond Chaure (1852-1928).
Ce blog marque un nouveau départ. Il rassemble, organise et prolonge une tradition souterraine — celle des hommes et des femmes qui, depuis l’aube initiale, vénèrent le Rien non comme une absence, mais comme une force opérante, une boîte à malices intemporelle. Le lecteur avisé y trouvera de la matière : fragments antiques, scènes préprésocratiques, récits de vie quotidienne de Stylus Gragerfis et de ses premiers disciples, notations rituelles, hérésies, controverses, et éclats poétiques que l’Histoire officielle a relégués au silence.
Entre 1911 et 1928, Raymond Chaure rédigea le glossaire dans des conditions précaires : pages manuscrites corrigées à la lueur d’une loupiote, hivers patagoniens durs et renfrognés, feuillets collés, déplacés, maltraités par des doigts arthritiques mais obstinés. Ces pages intronisent une intrigue singulière : l’histoire des hommes de bien qui vénèrent le Rien. Chaure y démontre combien les inexactitudes matérielles de l’Histoire officielle ont masqué la poésie irréfragable du Magnus Nihil, jusqu’à l’avènement du XXe siècle mécaniciste. Loin d’être un dérangement de l’esprit, le Rien fait exploser les plans établis par les politiciens du Grand Tout et leurs précepteurs bigots. Il n’a jamais été aussi moderne qu’aujourd’hui.
L’ouvrage laisse entrevoir un nouveau souffle apparu dans l’entre-deux-guerres : la poésie contemplative de Thérèse Misparo, les envolées puissantes de Marcel Jutique, les somnolences extatiques d’Evita Plat, les expéditions sommitales de Charles Kouillet, et le travail encyclopédique de Mauricette Fauré. Visité en 1927 par Jutique, Chaure eut le temps d’esquisser ce renouveau au travers de plusieurs entrées avant de se coucher une dernière fois sur sa paillasse. Malgré leur brièveté, ces unités saisissent la lumière d’un Temps retrouvé.
Le Glossaire Idolâtre du Rien est une conversation prolongée avec le Rien. Son importance dans l’histoire littéraire n’est pas à démontrer : il constitue un contre-chant aux récits pleins, une archive de l’insignifiant essentiel. Il est animé par Sauge Plautine.
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Ce Glossaire est prolongé par la Table des langues mortes (graeca et latina) et la Notice éditoriale.
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